mardi 1 mai 2007

Ste-Martine, deuxième course, deuxième podium!

Je me souviens très bien de ma première course. Sainte-Angèle de Monoir, fin avril 1989, il faisait beau, mais froid. Les cadets, les petits jeunes du peloton, nous courions tôt, très tôt, surtout pour moi qui possède certainement quelques gènes de marmotte! Mais avant de prendre le départ de ma course, je remarque une race de coureurs étrange qui eux, complétait leur épreuve. Ils avaient bien dus prendre le départ avant même le lever du soleil !!! C’était des maîtres ! Je ne comprenais rien de leur motivation et j’en faisait par à mon père qui m’accompagnait ce jour là : - J’espère que lorsque j’aurai 30ans, des enfants et une vraie job, j’aurai d’autre chose à faire de ma vie que de venir faire des tours du bloc sur des rangs de campagne perdus à 8hr du matin!
Ma « carrière » de cycliste dura onze ans. Onze ans de souffrance volontaire sur deux roues pour le simple plaisir d’aller vite et de repousser mes limites. Plusieurs beau succès, certaines défaites crève-cœur et bien des limites repoussées (j’ai perdue connaissance en passant la ligne d’arrivée des championnats québécois de contre-la montre 1997 tellement j’étais à bloc… mais j’avais été le plus vite).



Dimanche le 29 avril 2007. Je viens d’avoir 33 ans, deux enfants et une vraie job. Ça fait 7 ans que j’ai accroché mon vélo. J’ai les deux pieds au sol, mais mon rythme cardiaque est anormalement élevé. C’est que j’attends le départ du grand prix de Sainte-Martine, fébrile, avec un vélo entre les jambes! J’ai craqué. J’ai décroché ma monture du mur du garage et bravé une météo apocalyptique pour venir faire des tours du bloc sur des rangs de campagne perdus à 9hr du matin ! Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées. La famille et la vraie job ont mis un frein (temporaire je l’espère) à mes expédition en haute altitude, les jambes me démangeaient, le vélo s’imposait de lui-même… D’autant que je me retrouve au sein d’une équipe dont le peu d’expérience est grandement compensé par une motivation plus que débordante.

Entrainé chez les Taxi par Dan Lecuyer, un ami et collègue de travail, j’y retrouve aussi mon ami et ancien boss J-F Blais en plus d’avoir enfin l’occasion de courir avec Martin Vinet et Nic Brouillette deux amis cyclistes de longue date.

Départ donc pour 84km sous la pluie et le frette avec un Je grand F. Absolument incroyable de voir l’éclat dans les yeux des Taxi. Méchante gang de malade pour s’être extirpé du lit à l’aurore seulement pour venir se geler les orteilles et bouffer du sable… J-F et moi sommes désignés comme stratège pour diriger les mouvements de l’équipe. Mais voilà, J-F est en feu, et prend la poudre d’escampette à la première occasion. Ça place les Taxi dans une bonne position : contrôler la course. Aidé par la pluie qui ralentie les ardeurs de nos opposants, les Taxi sont massivement présent à l’avant du peloton. Chacun y met du sien.fais régulièrement l’aller-retour de l’avant à l’arrière du peloton pour regrouper les troupes. L’exercice est plus taxant que je ne l’aurais cru. Il faut dire que ma forme est plutôt précaire et que ça fait 3 semaines que je n’ai pas été en selle... À mi-course, mon énergie est déjà dangereusement basse. Je suis en queue de peloton lorsqu’un petit groupe de favoris s’y détache et fond sur JF (qui en fait les attend), depuis longtemps pratiquement seul en tête. On aurait dû y avoir un joueur, mais J-F nous démontra qu’il était assez fort pour ne pas s’en laisser imposer. Pour moi les 2 derniers tours seront de la survie. Je serai finalement décroché du groupe avec 100m à faire. Une chose est certaine, les Taxi ont laissés leur marque. Quel plaisirs de retrouver la camaraderie, la curiosité et la fébrilité de coureurs cycliste qui ne désirent qu’apprendre leur sport. J’ai l’impression de me retrouver avec ma gang de cadet de mes débuts en compétition…
seulement avec la barbe un peu plus forte!


Ça promet pour le reste de la saison… Ils ne perdent rien pour attendre!

Mathieu Fagnan

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